Nos civilisations ont basé toute leur alimentation sur les féculents, qui sont des aliments riches en amidons comme les céréales (blé, riz, maïs, orge, avoine, millet, sorgho…), les légumineuses (haricots, pois, fèves…) et les pommes de terre.

Aujourd’hui la consommation de féculents représente, selon la dernière étude réalisée en France, environ 43 % des apports caloriques. Les recommandations officielles étant d’au moins 50 % (3 à 6 féculents par jour selon le Plan National Nutrition Santé) (1).

Il semble donc pertinent de se demander si ces aliments sont physiologiques pour l’être humain c’est-à-dire adaptés à notre constitution et à notre anatomie. Nous pouvons aussi nous demander ce qu’ils nous apportent vraiment et les potentiels effets nocifs sur l’organisme de leur consommation.

 

Nos lointains ancêtres ne mangeaient pas de féculents !

La consommation de céréales date d’il y a 10 000 à 15 000 ans et remonte au Néolithique lorsque l’Homme s’est sédentarisé et s’est mis à l’agriculture. Les céréales ont l’avantage de pouvoir être stockées et constituent donc une réserve nutritive disponible toute l’année. Depuis 10 000 ans, nous nous nourrissons en grande partie de féculents alors que pendant 3 millions d’années Homo Sapiens et les espèces apparentées ont évolué quasiment sans aucun féculent dans leur alimentation. Au paléolithique les êtres humains se nourrissaient essentiellement de fruits, de plantes, de tubercules et de produits animaux (viande, insectes, œufs…). Le néolithique est marqué par un changement alimentaire inédit dans l’histoire de l’humanité. Ce changement va avoir des conséquences directes en terme de santé. Nombre de pathologies ont commencé à apparaître…

 

Les amidons, ces sucres complexes qui nous encrassent

Les amidons sont des sucres complexes : de longues chaînes de sucres tels des colliers de perles que le corps doit séparer à l’aide de « ciseaux » : les enzymes. La consommation d’amidons cuits engendre des résidus non digérés qui vont s’agglomérer dans les intestins. Ces résidus non digérés vont former une véritable colle dans les intestins. Cette colle va attirer et nourrir toute une flore pathogène comme par exemple le candida albican, un champignon naturellement présent mais qui, en excès, va engendrer une prolifération fongique et les pathologies liées à cette candidose. Cette flore pathogène n’est que la conséquence de cet encrassement. Nous avons tort de la condamner en tant que telle. Si elle est présente c’est uniquement parce que nous lui fournissons les conditions qui permettent son développement.

L’encrassement de la muqueuse intestinale par ces colles va être le point de départ de nombreuses maladies. Cette congestion entraîne une inflammation de la muqueuse et, à terme, une hyperperméabilité intestinale. Ainsi, les toxines liées à leur mauvaise digestion ne vont pas stagner uniquement dans les intestins, elles vont passer dans le milieu intérieur et aller congestionner les différents organes du corps et surcharger le système lymphatique.

Mais ces colles ne s’agglomèrent pas seulement dans les intestins mais se retrouvent la plupart du temps également dans la partie supérieure du corps : la tête et les bronches. Ces colles vont obstruer, congestionner les organes de cette zones empêchant leur fonctionnement normal. Une des glandes particulièrement importante dans le fonctionnement endocrinien : la thyroïde peut chez certaines personnes s’en trouver congestionnée et alors dysfonctionner ou dégénérer.

L’organisme va chercher par tous les moyens à éliminer ces toxines en produisant du mucus au niveau des différentes muqueuses mais aussi par la peau via les glandes sébacées. Cela va se traduire par les différentes pathologies suivantes : congestion de la sphère ORL, éruption cutanée et toutes les maladies de peau (eczéma, impetigo, zona…), excès de cérumen (cire des oreilles), chassie (sécrétion s’agglomérant au coin de l’œil) mais également, à la longue, la congestion d’autres organes et glandes. C’est le système lymphatique qui va gérer ces toxines et sa surcharge pourra avoir des effets catastrophiques sur tout l’organisme.

 

Cuisson des amidons

La cuisson des amidons va modifier leurs caractéristiques chimiques. Ainsi les amidons cuits comportent des liaisons supplémentaires sur les chaînes de sucres simples, formant des molécules mal métabolisées par l’organisme. Ces amidons ne seront donc que partiellement digérés.
Même si la cuisson dénature l’amidon, si elle modifie son aspect pour le rendre moins digeste, les amidons crus peuvent dans une moindre mesure poser également problème. Le cas des bananes non mûres en est un exemple. Sur un système digestif congestionné ou en formation (bébé), la consommation de bananes pas suffisamment mûres pourra entraîner un réel ralentissement du transit intestinal, preuve de la non-adaptation de notre système digestif à la consommation d’amidons, même crus.

 

Des calories vides

Les féculents apportent de l’énergie sous forme de calories, comme tous les sucres, mais ces calories ne s’accompagnent pas ou peu de vitamines, de minéraux, d’antioxydants, d’enzymes… On parle alors de calories vides. Pour assimiler ces calories vides, le corps va devoir puiser dans ses réserves de minéraux et vitamines. Cela va engendrer une déminéralisation et concrètement un affaiblissement des dents (caries), une perte osseuse, perte de cheveux et une acidification de l’organisme conduisant à un état inflammatoire chronique localisé et/ou généralisé.

 

Sucres lents, sucres rapides ?

On entend encore parfois parler de sucres lents et sucres rapides pour faire référence à l’effet sur la glycémie. Cette notion sans fondement a aujourd’hui été abandonnée. Pour la glycémie, ce qui compte c’est l’indice (ou charge) glycémique ou encore l’indice insulinémique. Mais on sait que la réponse glycémique des aliments dépend de bien d’autres facteurs. Ce qu’on appelait autrefois les sucres lents (céréales et amidons) ont paradoxalement un indice glycémique élevé. Exception faite pour les légumineuses. En effet les céréales sont consommées la plupart du temps sous leur forme raffinée. Alors que ce qu’on pense être des sucres rapides comme les fruits ont des indices glycémiques plus bas que toutes les céréales et pommes de terre.

Exemple d’indices glycémiques :
Baguette de pain blanc : 95
Riz banc à l’eau : 64
Pommes de terre au four: 95
Pommes de terre frites : 82
Lentilles : 38
Pomme : 38
Abricot : 57
Melon : 67

 

1 – Les céréales

 

Les céréales cumulent plusieurs problèmes. En plus d’être des amidons, donc des sucres complexes entraînant un encrassement des intestins, ils ont d’autres effets délétères sur l’organisme.

Les céréales et les légumineuses consommées sous leur forme complète, contiennent dans leur tégument (enveloppe extérieure) des antinutriments : les phytates qui vont réduire la biodisponibilité des minéraux (fer, zinc, magnésium…) et des inhibiteurs d’enzymes qui vont diminuer la digestibilité des amidons.

Les phytates vont donc diminuer drastiquement la quantité de minéraux assimilables voire absorber des minéraux en réserve, comme le calcium.

Sous leur forme raffinée, les céréales et légumineuses ne réduisent pas l’assimilation de minéraux mais n’en apportent pas non plus. De plus pour leur digestion, le corps va devoir puiser dans ses réserves de minéraux et de vitamines afin de les assimiler.

Une consommation trop régulière de céréales et légumineuses va conduire à une déminéralisation par un manque d’apport et par consommation des réserves du corps.

Les céréales acidifient l’organisme. Leur digestion engendre des acides que le corps va devoir neutraliser par des minéraux ce qui augmente encore la déminéralisation.

 

Le blé, une céréale à part

Le blé est une céréale particulière car elle a été l’objet de nombreuses sélections pour en augmenter la teneur en gluten notamment. Alors que les blés anciens contenaient 14 chromosomes, les blés modernes en contiennent 42. C’est à ce stade une sorte d’OGM !
Le problème du blé réside donc en partie dans sa teneur en gluten. Aujourd’hui plusieurs études et d’innombrables expérimentations cliniques montrent les effets pathologiques physiques et psychiques du gluten sur toute la population et pas seulement sur les personnes dites sensibles. Ce vaste sujet pourra faire l’objet d’un article à part tant il y a à dire.

 

Le maïs : une céréale ?

Le maïs fait bien partie de la famille des Poacées (graminées) et est largement cultivée et utilisée comme céréale surtout en farine. Dans ce cas, elle présentera les mêmes effets délétères sur l’organisme que les autres céréales sans gluten.
A la différence du maïs doux ou maïs sucré qui lui peut-être mangé cru. En effet ce type de maïs contient essentiellement des sucres simples et peu de sucres complexes. Il doit cependant être consommé frais car les sucres se transforment progressivement en amidon.

 

Le cas de la carie dentaire

Les dentistes accusent souvent le sucre raffiné d’être responsable des caries. La stagnation des sucres et le développement bactérien sont-ils la réelle cause des caries ? Si c’est le cas cela signifierait que soit les caries ont toujours existé chez les animaux consommant des fruits, soit elles sont significativement liées à l’apparition du sucre raffiné, le sucre blanc, dans notre alimentation. Or il n’en est rien.
La carie dentaire est apparue au néolithique, lorsque les humains se sont mis à consommer des grandes quantités de céréales. A cette époque aucun sucre raffiné n’était utilisé dans l’alimentation. La déminéralisation engendrée par leur consommation entraîne donc l’apparition de caries dentaires et autres problèmes osseux.

 

2 – Les légumineuses

 

Les légumineuses (lentilles, haricot, pois…) sont-elles une alternative saine aux céréales ?

Leur téguments enferment les mêmes antinutriments et inhibiteurs d’enzymes que les céréales. Étant des sucres complexes, elles en ont les mêmes effets néfastes.
En plus de ça, leur caractère indigeste (fermentation produisant des gaz) est facilement observable et permet de comprendre qu’elle ne sont pas adaptées à la nutrition humaine.

 

 

3 – Les tubercules

 

Les pommes de terre sont les amidons les moins nocifs car il sont exempts des effets nocifs propres aux céréales et légumineuses. Toutefois elles restes tout aussi encrassantes pour l’organisme et productrices de mucus.

 

La patate douce qui n’est pas de la famille des pommes de terre est sans doute ce qu’il y a de plus physiologique dans les tubercules. La patate douce comporte moins de sucres complexes et plus de sucres simples plus digestes. Elle est de plus très riche en micro-nutriments.

 

 

 

4 – Les fruits

 

Certains fruits comme la banane contiennent des amidons en quantité non négligeable. Plus la banane est mûre plus les amidons se transforment en sucres simples. Voici la raison pour laquelle les bananes consommées pas assez mûres peuvent ralentir le transit intestinal et entraîner une constipation. Les bananes se consomment donc idéalement bien mûres lorsque la peau se parsème de taches noires. Ces taches témoignent l’apparition des sucres simples. Les bananes consommées mûres ne comportent plus suffisamment d’amidons pour poser de problème à l’organisme.

Les châtaignes contiennent également des amidons mais leur faible disponibilité pendant l’année empêche toute consommation excessive. Elles restent des sucres complexes ayant une digestibilité faible.

 

 

Faut-il totalement bannir les amidons de son alimentation ?

Nous ne nous en apercevons même plus mais les amidons sont présents du matin jusqu’au soir dans notre régime alimentaire. Dès le matin avec les tartines de pain, les croissants et autres viennoiseries, aux encas et goûters avec les gâteaux, biscuits, crêpes. Au repas avec le riz, le pain, les pâtes, les tartes, les frites et autres pommes de terre et les pizzas. Le plus souvent chaque prise alimentaire contient un féculent sous une forme ou une autre. Et leur consommation toute la journée, sans repos digestif, ne fait qu’empirer la situation et réduit d’autant plus notre capacité à les digérer.

Dans l’idéal, il faudrait donc les éviter voire les supprimer ! En pratique et sous des latitudes qui limitent le choix des fruits mûrs de qualité, cela n’est pas toujours évident mais ce n’est pas impossible. Pour les bannir il faudra avoir recours à l’importation de fruits exotiques et ce presque toute l’année.

 

Consommer des amidons en limitant les effets indésirables

Pour tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas supprimer les amidons de leur alimentation, plusieurs conseils permettent de limiter les effets néfastes. Précisons qu’il s’agira de limiter ces effets mais certainement pas de les supprimer.

Tout d’abord on pourra limiter leur consommation au minimum et s’orienter vers des tubercules comme la pomme de terre ou encore mieux la patate douce.

Les céréales sont à limiter au maximum. Le quinoa et le sarrasin qui sont des pseudo céréales, semblent être une alternative un peu moins nocive en tout cas plus nutritive. Leur cuisson devra être réduite au minimum pour réduire l’effet    « colle » dans les intestins.

En consommant vos amidons accompagnés de crudités et / ou de jus de légumes, vous apporterez les vitamines et minéraux manquants permettant d’éviter la déminéralisation. Les crudités apportent également des fibres qui diminuent le caractère collant des amidons.

 

Comment expliquer que nous avons des envies de féculents ?

Si vous diminuez votre consommation d’amidons, les bactéries et champignons spécifiques à ces amidons de votre microbiote intestinal vont tout simplement être affamés ! Ils vont donc directement agir sur le cerveau pour réclamer leur nourriture. Ce phénomène diminue et disparaît avec le temps. De plus nos cellules baignant dans les toxines issues de la digestion des amidons réclament paradoxalement l’aliment dont elles sont intoxiquées.

 

Les amidons des aliments sans goût qui doivent être transformés

On peut remarquer que les céréales, légumineuses, pommes de terre doivent être cuites pour être appétantes. Sans cela personne n’aurait l’idée d’en manger. Mais ce n’est pas tout. Qui mange réellement ses pâtes, son riz, ses lentilles, ses pommes de terre sans aucun assaisonnement, sans aucune sauce ? Ils nécessitent donc tous d’être préparés cuits, salés, épicés, accompagnés de sauces pour les manger.
A l’inverse, un fruit est délicieux par nature. Il est sucré et prêt à être dégusté une fois mûr. Tout simplement. L’instinct nous poussera vers les fruits bien avant de penser à transformer des graines ou des tubercules immangeables crus.

 

Les céréales pour les autres animaux

Les chiens et les chats, sont anatomiquement des carnivores, et ne doivent donc pas non plus manger de céréales (ou autres amidons) sous quelque forme que ce soit. Or nous avons eu la bonne idée d’en faire le premier ingrédient en quantité de leurs croquettes ! Résultat : ces animaux développent les mêmes pathologies que nous : eczéma, asthme, obésité, arthroses, cancer, etc.

Nous donnons aussi des céréales à des herbivores. L’alimentation des bovins et ovins est complémentée en céréales ce qui a pour conséquence de les rendre plus sensibles aux maladies.

Les seuls animaux dont on pourrait dire qu’ils soient vraiment des mangeurs de grains sont les oiseaux. Malgré cela, ils préfèrent souvent les insectes. Mais les oiseaux possèdent un gésier qui leur permet de broyer des graines crues.

 

CONCLUSION :

Les céréales et autres amidons ne sont pas des aliments physiologiques pour l’être humain. Même s’ils peuvent être tolérés en petites quantités et occasionnellement, notons qu’ils restent malgré tout encrassants et demandent beaucoup d’énergie et de temps au corps pour être digérés. Un bon métabolisme et une bonne capacité digestive et éliminatrice seront d’autant plus indispensables. Des méthodes naturelles comme le jeûne, les monodiètes de fruits ou dans certains cas des purges, peuvent permettre d’éliminer plus rapidement les dépôts intestinaux et cellulaires de toxines liées à leur consommation. Une alimentation physiologique aura les mêmes effets à long terme.
Les fruits sont notre principale source d’apport calorique. Ils sont notre aliment le plus adapté. C’est donc vers les fruits que nous devons nous diriger et remplacer les sucres complexes des amidons par les sucres simples des fruits.